Apprendre à éduquer le regard et à décrypter les caricatures est la mission que s’est donnée l’association Dessinez Créez Liberté, née dans la foulée des attentas du 7 janvier 2015. Le thème du festival de cette année semblait tout indiqué pour poursuivre le travail entamé depuis plusieurs années entre l’association et le Lycée Eugène Delacroix de Maisons-Alfort.
« Les caricatures que vous pourrez voir ci-dessous sont le fruit d’un parcours mené sur plusieurs séances d’EMC (Enseignement Moral et Civique) avec une classe de Terminale STMG. Un travail sur les représentations stéréotypées des tirailleurs sénégalais par la marque Banania et sur les identités multiples de Joséphine Baker a permis de construire avec les élèves une réflexion sur comment le regard d’autrui fixe et enferme souvent les représentations sur les individus. À partir de ces bases, Lodi, caricaturiste de son état et employé de l’association, est intervenu en classe pour animer deux séances sur l’histoire de la caricatures et sur la manière de les appréhender. Ces séances se sont conclues par la réalisation au pinceau et à l’encre des auto-caricatures qui vous sont proposées ici. Les élèves ont été ensuite interviewés afin d’expliquer leur démarche et le rapport à leur corps. Prenez le temps d’observer ces images et d’écouter ces témoignages en flashant le QR code. Ils donnent à voir et à entendre les interrogations et les questionnements autour des normes sociales contemporaines sur le corps à l’entrée dans l’âge adulte de la jeune génération »
Angelo Morabito, professeur d’histoire-géographie au Lycée Eugène Delacroix.




« Quand on fait de la caricature, on apprend qu’avant de s’attaquer à Trump, Poutine ou bien n’importe quel autre affreux, il faut savoir rire de soi-même. On passe donc par cette étape d’interrogation sur notre propre image : on se caricature. Caricaturer c’est quoi ? Non pas de l’invention ou de la fiction, c’est d’abord un exercice d’observation. La caricature n’est pas tellement fausse, elle se fonde sur des éléments que l’on a sous nos yeux. Le parcours pédagogique avec les lycéens et lycéennes de Delacroix avait pour objectif de donner des clefs pour comprendre comment ces objets fonctionnent. Mais également, dans certains cas, de détecter l’intention de celui qui tient le crayon, car parfois les caricatures ne sont pas faites pour rire. Cette série d’auto-caricatures est le résultat d’un moment où, pour cette classe, il a fallu prendre le temps de réfléchir à soi et de s’observer, de se poser la question de notre identité et enfin, de comment on peut se représenter. Caricatures croisées : le dessinateur Céèf s’est pris au jeu en caricaturant la classe à partir du trombinoscope du lycée. »
Lodi, médiateur et dessinateur de presse.

Visuels de l’exposition Photomatronche réalisée par les élèves de STMG du Lycée Eugène Delacroix de Maisons-Alfort, et encadrée par Angelo Morabito et Lodi .
Cliquez sur les visuels avec QR code pour écouter les entretiens audio réalisés avec les élèves.
Caricatures des élèves faites par Céèf, à partir du trombinoscope du lycée



Photographies : © Laurie Bisceglia





















