Le Festival d’Histoire populaire propose, pour sa troisième édition, une création originale inspirée du Dictionnaire du fouet et de la fessée. Corriger et punir.
Un spectacle inédit mêlant histoire, danse, théâtre et archives.
Autour du châtiment éducatif, des mortifications religieuses et des pratiques de pénitence, la performance explore ce que le corps endure mais aussi ce qu’il cherche. Pourquoi certains corps choisissent-ils la contrainte, la répétition, l’épreuve ? À travers un dialogue entre archives historiques et pratiques contemporaines, Maxime Fleuriot interroge les chemins de transformation du corps : de la discipline à la transe, de la punition à une forme d’élévation.

Note d’intention de Maxime Fleuriot
Te souviens-tu de ta première claque ? De ta première fessée ? Que reste-t-il dans les corps des violences reçues ? D’où vient la violence qui circule entre les corps ? Pourquoi se transmet-elle ? Pourquoi les parents frappent les enfants ? Pourquoi les maris battent les femmes jusqu’à parfois les tuer ? Pourquoi les religieux se mortifient-ils ? Avec Le Dictionnaire du fouet et de la fessée, j’ai commencé une enquête.
Nous cherchons moins à illustrer la violence qu’à la déplacer.
Les corps tournent, chutent, résistent, répètent le geste. La roue Cyr prend la place du fouet.
L’obsession du geste artistique répond à l’obsession du geste violent.
Note d’intention Marie-Karine Schaub, codirectrice du Festival d’Histoire populaire
C’est d’une expérimentation qu’il s’agit ici. Une collaboration entre histoire et création contemporaine. Une expérience inédite pour l’historienne que je suis. L’envie de coconstruire un spectacle avec un artiste était là depuis longtemps, aiguisée par l’élaboration de formats inédits depuis deux ans pour le Festival d’Histoire populaire.
À partir d’une idée inspirée de cet ouvrage historique consacré au droit de correction, le projet a pris forme autour de deux axes : les violences que les religieuses s’infligent et les violences faites aux enfants à la maison ou en milieu éducatif. Restait à trouver les sources. Quand on commence à chercher, c’est un océan documentaire qu’on parcourt : récit de mortification de religieuses, règlementation scolaire, règlement de colonie pénitentiaire et agricole, règlements de pensionnat de religieuses, arrêt de chambre criminelle, loi anti-fessée, littérature, etc…
Il a fallu faire des choix, et trouver des extraits d’archives ou d’ouvrages historiques qui entrent en résonance avec la performance de cinq artistes sur scène.
Feuille de salle du spectacle
Image de couverture : Hartmann SCHEDEL, Flagellants faisant pénitence pendant la peste noire (1347-1352), dans Liber chronicarum cum figuris et ymaginibus ab initio mundi, 1493. (BnF-Gallica)


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